Trump – OLP et ISRAËL

L’imprévisible Donald Trump adoptera-t-il tout ou partie du « narratif » de l’OLP ?

La volte-face du président américain sur l’ouverture (reportée) de l’ambassade US. à Jérusalem et l’envoi dans la région de Jason Greenblatt pour tenter de relancer un « processus de paix » israélo-palestinien moribond font planer des doutes sur les intentions réelles de Washington… et de Netanyahou.

Après avoir « soufflé le chaud » auprès d’Israël et des Juifs en promettant qu’il démantèlerait l’accord nucléaire de Vienne avec l’Iran et qu’il transfèrerait l’ambassade américaine à Jérusalem, Trump, deux mois après son investiture, a nettement changé de ton sur ces deux dossiers, realpolitik et pesanteurs du Département d’Etat obligent !

Suite à sa 1ère  rencontre avec Netanyahou à la Maison Blanche où il avait souhaité, avec beaucoup d’approximation, qu’Israéliens et Palestiniens reprennent langue pour s’entendre « sur un Etat, ou bien sur deux Etats… », Trump avait clamé par téléphone aux oreilles du président de l’AP, Mahmoud Abbas, une formule de businessman dont il a le secret : « Il est temps de conclure un deal avec Netanyahou », lui avait-il lancé… Puis, il  a dépêché la semaine dernière à Jérusalem et Ramallah son « envoyé spécial », Jason Greenblatt, pour qu’il entre dans le vif du sujet de le dossier aussi épineux que centenaire que constitue le conflit israélo-palestinien. Lequel ne saurait être résolu – après tant d’échecs, de déconvenues et de tentatives avortées avant et après 1948 – comme une affaire immobilière de plus à « l’emporte-pièce » !

 Deux gros butoirs se dressent face à cette « relance » de Trump

Il faut d’abord savoir que, pour des raisons à la fois historiques, structurelles, civilisationnelles, religieuses et socio-politiques, l’OLP, et donc l’AP et le Fatah, ne feront jamais la paix avec Israël et qu’ils ne s’entendront pas sur un quelconque « compromis territorial »… Tout simplement – en disant ici les choses brièvement – parce que le conflit israélo-palestinien est loin d’être un simple conflit territorial. Le leadership arabo-palestinien n’a-t-il pas repoussé depuis 1947  quelque 18 initiatives et plans de paix différents proposés depuis 70 ans par les Israéliens et/ou la communauté internationale !

Par ailleurs, du strict point de vue des intérêts nationaux américains, on ne comprendrait pas trop que Trump s’escrime – comme l’ont fait vainement les autres présidents US. – à résoudre la question palestinienne. Tout simplement parce que ce conflit n’a strictement aucun rapport, dans le Moyen-Orient à feu et à sang d’aujourd’hui, avec la longue liste des sources et facteurs de dangers menaçants les USA : le conflit sunnite-chiite où l’Iran joue un rôle primordial, le retour en force de la Russie dans la région, la persistance de Daësh, des Frères musulmans et du Hezbollah, etc. . Si bien qu’on verrait mal l’Amérique de Trump procéder à coups de dictats et tourner brutalement le dos à Israël!

Dans ce contexte qui reste encore ouvert à de nouvelles compréhensions et initiatives israélo-américaines capables de rompre enfin  avec les dogmes mortifères de l’époque d’Oslo (telle la formule obsolète des « territoires en échange de la paix »), il est regrettable que Netanyahou n’ait pas eu le courage et la présence d’esprit de dire franchement à Trump qu’il ne croyait plus dans la solution à deux Etats. Or c’est sans nul doute cette hésitation puis ce renoncement du plus haut responsable israélien qui ont « rebranché » Trump – faute d’autres perspectives venant de Jérusalem – sur les vieilles chimères gauchistes du Département d’Etat et cette regrettable remise en selle de l’OLP.

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