SYRIE-USA

Vers un consensus Washington-Moscou-Jérusalem pour un retrait iranien de Syrie ?

D’après le quotidien koweïtien de référence Al-Raï, les responsables américains, russes et israéliens seraient d’accorder pour restreindre la présence iranienne en Syrie… et, si besoin, pour expulser les forces de son déploiement militaire.

Le journal koweïtien explique que le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou, est parvenu à convaincre Donald Trump et Vladimir Poutine du fait que les forces iraniennes déployées en Syrie et la présence militaire de milice libanaise pro-chiite du Hezbollah constituaient une « menace existentielle » aux portes mêmes de l’Etat juif. Une double et inquiétante présence qui nécessite une série d’actions décisives en Syrie, y compris par le biais de raids aériens et d’autres types d’opérations. Et ce, afin d’empêcher l’installation de bataillons ou de bases des Gardiens de la Révolution islamique dépêchés de Téhéran avec leurs armements sophistiqués, tout comme leur déploiement aux côtés du Hezbollah tout près de la frontière-nord d’Israël.

Selon les informations transmises à Al-Raï par de hauts responsables américains ayant préféré garder l’anonymat, une « division du travail » serait intervenue entre Israël – qui se concentrerait sur l’attaque de ces forces pro-iraniennes au sud de la Syrie – et la Russie qui commencerait à « exercer des pressions » contre la présence iranienne au centre et au nord du pays « afin de stabiliser la situation ». Des mesures qui s’accompagneraient d’un début de retrait de l’armée russe dans certaines régions afin de laisser agir directement les forces du président Bachar Assad.

Un plan réaliste ?

Ce plan d’actions concertées permettrait ainsi à la Russie et aux Etats-Unis d’aider Israël en affaiblissant les forces iraniennes (et apparentées) en Syrie, jusqu’à ce qu’elles n’aient d’autre issue que de se replier en quittant ce pays qui subit depuis plus de six ans une sanglante guerre civile ayant provoqué la mort d’au moins 400 000 personnes, dont de nombreux civils et enfants..
Cependant, toujours d’après l’une des sources américaines rapportées parAl-Raï, ce plan risque d’être « peu aisé à appliquer », à la fois parce que l’Iran soutenait déjà très activement le régime Assad avant même l’irruption en mars 2011 de la guerre civile syrienne, et aussi parce qu’il ne révèle pas de détails convaincants sur les « pressions » que les Russes – qui soutiennent mordicus Assad – seraient prêts à exercer sur les Iraniens pour les contraindre à se « modérer », voire à se replier de Syrie…

Ainsi, apparait-il dans les faits peu probable que la Russie accepte de rompre le fameux « axe Moscou-Damas-Téhéran-Beyrouth » qui s’est constitué ces dernières années dans le tourbillon de la rébellion sunnite anti-Assad.
Ces spéculations entretiennent une évidente inquiétude en Israël, où l’establishment sécuritaire exclue toute présence iranienne à la frontière-nord du pays. Dans ce contexte assez incertain, il n’est donc guère surprenant que, pour la première fois, Jérusalem ait officiellement reconnu la semaine dernière que Tsahal est déjà intervenue à plusieurs reprises en Syrie depuis 2011…

 

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