Qui sont les véritables ennemis actuels du régime iranien ?

Après la spectaculaire attaque du 7 juin dernier par l’Etat islamique (Daësh) contre le parlement de Téhéran et le Mausolée de l’ayatollah Khomeiny, père de la Révolution islamique de 1979, le point sur les adversaires intérieurs et extérieurs de l’Iran.

-1/L’Etat islamique, Al-Qaïda et les djihadistes sunnites

Après l’émergence d’Al-Qaïda et des Talibans afghans dans les années 1990, l’Iran – qui avait déjà été attaqué dans le passé par divers groupes armés sunnites – subit en 1998 un sanglant attentat à Mazari Sharif (Afghanistan) où 11 diplomates iraniens sont assassinés. Depuis 2000, ce sont les groupes djihadistes sunnites – dont surtout Daësh et Al-Qaïda – qui ont pris le relais en attaquant les minorités chiites en Syrie, en Irak, au Pakistan et en Afghanistan.

-2/Les groupes indépendantistes kurdes

Les 7 millions de Kurdes iraniens de l’est et au nord-est du pays ont maintes fois tenté dès les années 1940 de créer un Etat indépendant ou d’exiger le droit à l’autonomie. Le Pari démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), qui s’était opposé au shah à la fin des années 1979, a ensuite ouvert une guérilla contre le régime, ce qui a entraîné la mort ou l’exil de ses dirigeants. En 2016, le PDKI et son leader actuel, Mustafa Hijri, annoncèrent l’envoi de leurs Peshmergas – dont des femmes combattantes – pour s’opposer aux Gardes révolutionnaires iraniens (GRI). Puis le PDKI et d’autres groupes représentants des minorités ont créé le Congrès des Nationalités pour un Iran fédéral (CDNPIF).

-3/Le Peuple des Modjahédin de l’Iran (PMI)

Fondé en 1965 par le clan des Rajavi, ce groupe combine une idéologie marxiste avec un engagement islamiste. Après avoir brièvement soutenu le renversement du shah et la Révolution islamiste de 1979, le PMI mène dès 1981, puis lors de la guerre Iran-Irak, des attaques armées contre le gouvernement sous les auspices du Conseil national de la Résistance iranienne qui s’est allié aux troupes irakiennes. Le PMI était jusqu’en 2012 sur les listes américaine et européenne des groupes terroristes.

-4/La région dissidente du Baloutchistan

Située dans une vaste zone du sud-est iranien et de l’ouest-pakistanais, cette région semi-désertique est habitée par la minorité baloutche. Dans les années 1980, les quelques millions de Baloutches d’Iran se sont opposés au régime dans les rangs du Mouvement baloutche autonome, où l’on trouve aussi bien des nationalistes locaux que des djihadistes. A partir d’octobre 2009 puis notamment en 2003 et en 2015, trois groupes islamistes sunnites baloutches, Djundoullah, Djaïch-Oul Adl et Harakat Ansar Iran, ont attaqué et tué des centaines de GRI en Iran.

-5/Les Azéris, les Arabes et les comités des Droits de la femme

Toutes les minorités non-perses vivant en Iran – dont les Azéris, les Turkmènes, les Ludres et les Arabes du Parti de Solidarité démocratique Al-Ahwaz, surtout présents dans la province du Khūzestān iranien – ont peu à peu regroupé leurs forces dans le CDNPIF. Outre la répression du combat héroïque de certains groupes de femmes iraniennes contre les excès brutaux de la police des mœurs des GRI, le régime des mollahs a réprimé, emprisonné et parfois supprimé des centaines de membres des minorités religieuses Bahaï et Zoroastre.

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