Quelles frontières pour Israël ?

Malgré le consensus israélien sur la nécessité de « frontières défendables », l’obstination de certains milieux politiques minoritaires à prôner de nouveaux retraits israéliens en Judée-Samarie relance le débat sur les limites territoriales du pays…

C’est le Premier ministre Netanyahou qui, dans son discours de Bar-Ilan du printemps 2009, a défini le mieux le « consensus israélien » : une réalité confirmée par tous les sondages régulièrement effectués auprès des Israéliens et chiffrant cette opinion autour de 65 % des citoyens juifs.

Tout en acceptant le compromis historique de la création d’un Etat palestinien à l’ouest du Jourdain, il l’a assorti de 6 conditions incontournables soutenues par une majorité d’Israéliens ayant tiré les leçons des Accords d’Oslo (censés céder « les territoires en échange de la paix ») et des deux retraits unilatéraux du Liban-Sud en mai 2000 et de la Bande de Gaza en août 2005, à savoir : la démilitarisation de l’Etat palestinien, pas de partition de Jérusalem ni de retour des « réfugiés » palestiniens en Israël ; le maintien de Tsahal dans la Vallée du Jourdain et la reconnaissance de la nécessité de « frontières défendables » pour Israël. Avec, de surcroît, l’exigence avant tout accord final que l’Autorité palestinienne (AP) reconnaisse « le caractère juif de l’Etat d’Israël ».
Pour certains, ces exigences hypothèqueraient tout compromis territorial avec l’AP : un argument fallacieux, car si elle désirait vraiment la paix et non pas l’éradication « par étapes » d’Israël, l’AP accepterait ces conditions. Elle pourrait en effet créer un Etat palestinien fragmenté (comme d’autres pays du monde tels le Danemark, les Philippines, le Japon et la Russie) qui regrouperait la Bande de Gaza et les parties de Judée-Samarie détachées des « grands blocs » des localités juives de Judée-Samarie. Lesquels seraient rattachés en continuité au territoire israélien d’avant juin 1967 élargi et augmenté de l’apport de 90 % des 450 000 Israéliens habitant ces régions.

La profondeur territoriale obsolète à l’ère des missiles ?

L’une des « leçons » erronées tirées par les stratèges occidentaux après la 1ère Guerre du Golfe a consisté à nier le fait qu’Israël ait toujours besoin d’un minimum de « profondeur stratégique » pour sa défense vitale : un argument qui fut déjà avancé après les guerre de 1967 et 1973 pour fonder le contrôle militaire de Tsahal en Judée-Samarie ainsi que sur le Plateau du Golan face à la Syrie. Or, nous ont expliqué après 1991 ces experts européens, du fait qu’un missile balistique met à peine deux minutes pour parcourir mille kilomètres, cet argument israélien ne tiendrait plus…
En fait, c’est l’inverse qui est vrai : outre le temps de riposte nécessaire à l’aviation de Tsahal et la mise à feu des anti-missiles israéliens – décompté en précieuses secondes à l’ère cybernétique -, un minimum de profondeur territoriale reste encore plus impératif pour l’Etat hébreu alors qu’il est désormais menacé par les 250 000 missiles et roquettes des pays et organisations terroristes qui l’entourent.
Car même arrosé de fusées, Israël doit avoir le temps suffisant de déployer son aviation et de mobiliser ses réservistes (infanterie et blindés) sur des frontières devant être éloignées au maximum de ses centres urbains. C’est qu’ici – dans ce si petit pays -, l’espace, c’est aussi du temps pour la riposte.

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