Jordanie

De nombreuses inquiétudes sur l’avenir de la Jordanie

Plusieurs facteurs internes et régionaux se conjuguent pour fragiliser la stabilité du royaume hachémite jouxtant Israël.

Ballotée sur sa frontière-nord par la sanglante guerre civile sévissant depuis six ans en Syrie et par l’instabilité chronique qui agite l’Irak sur son front oriental où opèrent aussi les hordes de l’Etat islamique, la Jordanie se trouve exposée à plusieurs dangers qui pourraient affaiblir sérieusement le régime hachémite.

D’abord l’afflux de plus de 800 000 réfugiés syriens est venu s’ajouter depuis 2012 au 1,5 millions de réfugiés irakiens partis de leur pays lors des deux guerres du Golfe (1991 et 2003), ce qui a porté la proportion de réfugiés en Jordanie à 90 pour 1 000 habitants, soit presque 10 % : un taux énorme et fort déstabilisateur pour un pays assez pauvre, sans ressources énergétiques (ni pétrole, ni gaz) et qui dépend beaucoup de ses voisins pour des denrées aussi primordiales que l’eau.

Cette situation de « guerre islamique aux portes » précarise le royaume hachémite dont plusieurs certaines de ressortissants ont rejoint les rangs de l’EI ou bien militent dans les Frères musulmans jordaniens, tous ne cachant pas leur intention de renverser un jour le régime du roi Abdallah II. D’autant que l’autoritarisme avoué du roi irrite de plus en plus les islamistes locaux et les puissants chefs de certaines tribus bédouines…

Un pays créé voilà un siècle de toutes pièces par l’Angleterre

Rappelons que créé de toutes pièces par Churchill en 1921 pour servir les intérêts de l’Empire britannique, l’émirat de Transjordanie – devenu le royaume hachémite – est allé de crises en crises en menant une existence assez précaire…

Autre facteur d’instabilité généré par les guerres régionales : jouant, de par sa position géographique un rôle traditionnel de plaque-tournante commerciale, la Jordanie a subi les terribles contrecoups des bouleversements surgis en Syrie et en Irak, les relations économiques assez lucratives qu’elle avait avec ces deux pays s’étant totalement effondrées en même que l’industrie touristique.

De surcroit, il existe en Jordanie un véritable « problème d’identité », puisque depuis plus d’un siècle, ce pays a subi des vagues répétées d’immigration massive, dont surtout celles des Palestiniens en 1948-49, en 1967 puis en 1990-91 en provenance d’Irak.

Résultats : 65 % des Jordaniens sont d’origine palestinienne, soit une majorité substantielle de la population du pays. Ce qui n’empêche pas l’aggravation d’une fracture identitaire distinguant entre « Jordaniens » et « Palestiniens » (qui ont souvent réussi au plan économique) même quand ils sont citoyens et petits-enfants de citoyens.

L’ambassadrice d’Israël israélienne signale « l’instabilité croissante » de ce pays

Autant d’éléments rappelés par Inat Shlein, l’ambassadrice israélienne à Amman, qui a mis en garde mis en garde ans le quotidien Haaretz contre la grave déstabilisation de ce pays provoquée, selon elle, par ses difficultés économiques et l’énorme flux de réfugiés syriens. Un tableau que Shlein avait déjà dressé devant le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, qui, inquiété par cette analyse, aurait souhaité qu’Israël puisse « davantage aider la Jordanie ».

Rappelons à ce propos qu’en plus du fait qu’Israël fournit de l’eau à très bas prix aux Jordaniens et les approvisionne aussi très généreusement en gaz, les deux pays entretiennent d’étroites relations sécuritaires et militaires, l’aviation jordanienne et la chasse de Tsahal s’entraînant régulièrement ensemble.

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