Le point sur la stratégie nucléaire d’Israël : Article 2

Les exigences spécifiques de la survie d’Israël

Comme le monde arabo-islamique n’a pas abandonné son objectif national et religieux de détruire un jour Israël au moyen d’une guerre génocidaire, l’Etat hébreu – qui demeure la seule nation de la planète exposée à ce risque permanent d’extermination – doit disposer pour le contrer de forts moyens dissuasifs…

Comme l’a rappelé le Dr. Louis René Bérès, professeur émérite de Droit international à l’université américaine Purdue (Indiana) et auteur d’une douzaine d’ouvrages et de centaines d’articles sur la stratégie et la guerre nucléaires, « le problème de la survie d’Israël se résume ainsi : un petit Etat – y compris un ‘micro-Etat’ de la taille de la moitié du lac Michigan – entouré par une série d’Etats souhaitant sa destruction génocidaire, et dont une partie aspirent toujours à se doter d’armes biologiques et/ou nucléaires de destruction massive. (…) Le tout s’ajoutant au pullulement dans tout le Moyen-Orient de groupes de terroristes islamistes radicaux prêts à perpétrer en ‘martyrs’ des méga-attentats ».

Face à ces données assez différentes des règles connues de la « dissuasion » telles qu’elles s’appliquent dans le reste de la communauté internationale et compte tenu surtout de l’éclatement en cours des grands Etats arabo-musulmans du Moyen-Orient (Lybie, Irak, Syrie, Yémen), Israël doit se préparer à trois niveaux, en ayant toujours plusieurs « coups » d’avance sur ses ennemis potentiels – ce que le Pr. Bérès appelle une « stratégie dialectique » :

  1. mettre au point divers scénarii d’attaques préventives très « surprenantes » et paralysantes pour l’adversaire, au cas où celui-ci n’utiliserait « que » des armes chimiques et/ou biologiques (et pas nucléaires)
  2. améliorer constamment les moyens à tous les niveaux de sa Défense nationale à la fois « active » et « passive », en préparant la population civile du pays à des attaques non-conventionnelles en tous genres ;
  3. élaborer contre les pays et les groupes terroristes ennemis une stratégie à long terme, efficace – et publiquement « détaillée » – de dissuasion nucléaire, elle-même destinée à faire réfléchir tout agresseur atomique potentiel, mais pouvant aussi diminuer et contenir les risques d’attaques à la fois classiques et non-conventionnelles. Le tout en définissant et en énonçant d’emblée les paramètres israéliens d’une réplique nucléaire contre un adversaire prêt à tout…

« Compte tenu de la taille minuscule d’Israël et du regroupement de sa population dans des zones très denses et limitées, conclut le Pr. Bérès, l’objectif central des forces et de la doctrine nucléaires israéliennes doit reposer sur le principe axial d’une ‘puissante dissuasion préventive’, plutôt que sur celui d’une ‘revanche ultérieure’. D’autant que toute attaque nucléaire causerait à Israël des dommages quasi-irréparables ». Et d’ajouter : « Une fois que l’Iran aura ostensiblement franchi le ‘seuil nucléaire’, il sera urgent pour Israël – et selon des étapes appropriées – de faire sortir ses bombes de leurs arsenaux… ».

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