Le point sur la stratégie nucléaire d’Israël : Article 1

Pourquoi Israël doit disposer d’une « seconde frappe » nucléaire grâce à ses sous-marins

Alors que la presse israélienne ne cesse d’évoquer ces derniers jours un nouveau scandale de pots-de-vin – l’affaire des sous-marins allemands, dans laquelle seraient impliqués des proches du Premier ministre Netanyahou -, Haguesher a voulu faire le point sur la stratégie nucléaire d’Israël et tout particulièrement sur la nécessité, incontournable pour sa défense vitale, d’une 2ième frappe atomique rendue possible par un arsenal de sous-marins équipés à cet effet.

La décision d’Israël d’établir une flotte conséquente de sous-marins dotés d’une grande autonomie de déplacement à des milliers de kms des côtes israéliennes et équipés d’ogives nucléaires a pour fondement un choix stratégique de base, tout pays désirant attaquer Israël à l’arme nucléaire étant dès lors exposé à un fort risque de destruction totale presque immédiate… On se souvient en effet que dès les années 1980, les stratèges de l’Etat hébreu redoutaient déjà – à juste titre comme on peut le vérifier aujourd’hui ! – que le Moyen-Orient ne se précipité tôt ou tard dans une processus de prolifération nucléaire dont les efforts du dictateur irakien, Saddam Hussein, n’étaient à l’époque que des prémices.

Un autre élément de facto a accéléré cette option des sous-marins nucléaires israéliens capables d’infliger à un éventuel pays agresseur une « seconde frappe » fatidique et totalement destructrice au cas où l’Etat juif serait la proie d’une attaque nucléaire : le fait que l’Allemagne, qui avait alors équipé les missiles de Saddam en armes chimiques et technologies avancées, ait souhaité après la 1ère guerre d’Irak de 1991 se « refaire une conscience » en fabriquant à Kiel les premiers sous-marins destinés à Israël (dont 50 % du coût est pris en charge par Berlin) : un processus qui s’est accéléré lors de la dernière décennie. Et ce, parce qu’il fournissait aussi pas mal d’emplois à l’industrie militaire navale allemande…

Un choix stratégique « axial »

Ce n’est un secret pour personne qu’une fois parvenus à la grande base navale de Tsahal à Haïfa, chacun des six sous-marins livrés par l’Allemagne a été ensuite transformé en plate-forme de lancement de missiles dotés d’ogives nucléaires – l’objectif de l’état-major de la marine étant d’en disposer en tout de 9 exemplaires à des fins de haute dissuasion stratégique : trois devant tourner en « mission secrète » en mer Rouge, dans les eaux du Golfe persique, ainsi que dans l’Océan indien et dans le Pacifique ; trois autres devant rester en alerte pour des « missions d’urgence » ; et les trois derniers censés rester dans les arsenaux pour maintenance et révision.

On se souvient que voilà dix-huit mois, le chef d’état-major de Tsahal, le général Gadi Eisenkot, avait dû repousser l’achat (toujours à moitié prix) de deux autres sous-marin allemand en raisons de dures contraintes budgétaires qui coïncidaient aussi avec les retombées – interprétées comme « provisoirement positives » par certains stratèges israéliens – de l’accord conclu en juillet 2015 à Vienne entre les grandes puissances mondiales et l’Iran sur les limitations de son programme nucléaire. Lequel laisserait un certain répit stratégique à Israël…

Or depuis, le régime des mollahs de Téhéran, qui poursuit toujours ses préparatifs – seulement « ralentis » – d’armes nucléaires, n’a cessé de renforcer ses arsenaux de missiles balistiques, tout comme sa flotte de guerre et son aviation, en répétant à l’envi que son but ultime est la destruction de « l’entité sioniste vouée à disparaître ». Une agressivité iranienne redoublée qui a remis à l’ordre du jour l’achat de trois nouveaux sous-marins allemands.

Back to Top